Voici l’exposition itinérante qui secoue l’Amérique guerrière. Actuellement à la Jen Bekman Gallery de New York jusqu’au 8 septembre, Purple Heart s (Cœurs pourpres) de Nina Berman, rassemble 15 clichés collectés depuis 2003 sur les mutilés de guerre en Irak (en photo, le sergent Joseph Mosner, 35 ans, blessé en décembre 2003 à Bagdad). La photojournaliste, habituée des gros titres de presse comme le NY Time s, Time ou même Paris Match, a débuté son travail avec l’intention de dénoncer le non-sens d’une telle violence, faisant poser les anciens combattants dans leur propre maison après-guerre. A froid donc, après que la vie «normale» a repris son cours. L’exposition met principalement le doigt sur ces vies brisées pour rien : «L’un d’entre eux a perdu ses jambes alors qu’il apportait des glaces à ses camarade s. Un autre est sorti uriner et a sauté sur une mine. La guerre n’est pas que gloire.» Enrôlés la fleur au fusil comme on entame une partie de Playstation, ces jeunes gens mis «Game Over» sont aujourd’hui des oubliés. La photographe les a donc saisis dans leur anonymat, au cœur de l’Amérique profonde, bien loin du mythe guerrier et de l’héroïsme des G.I’s.