Il s’agit d’une plongée dans la forêt qui borde son village natal. Les images, toutes verticales – c’est aussi le cas dans ses précédents travaux –, offrent une vision exempte de tout romantisme. De ce lieu naturel, elle fait un territoire inquiétant, presque magique, où l’instinct de survie nous indique de ne pas s’aventurer plus loin à l’intérieur au risque de s’y perdre et d’aller au devant de dangers qui nous dépassent largement. D’énigmatiques images d’araignées aux couleurs de nuit viennent ponctuer le livre, renforçant encore le sentiment d’étrangeté qui entoure la forêt. Dans ces photographies, on se retrouve souvent devant des buissons, des arbres, de l’herbe ou un bosquet qui mène ailleurs, un ailleurs plongé dans le noir où l’homme n’a visiblement pas sa place. Sur la plupart des images, l’obscurité est présente et la lumière semble difficilement percer : elle se fait lourde, chargée de noirceur. On y sent toute la force de la nature, pas toujours hospitalière, mais bel et bien supérieure à l’homme.
Chung-Leng Tran extraits