Depuis plus de vingt ans, Marc Gentinetta entretient avec la lumière un dialogue intimiste et privilégié. La convoquant dans de mystérieuses visions nocturnes, dans des photogrammes oniriques, ou la faisant danser en une superbe écriture de signes et d’arabesques dans ses «Lichtbilder». Et voici que, depuis un certain temps, un arbre a pris racine dans son imaginaire. Un beau symbole qu’il a longtemps médité. Car l’intérêt de cet artiste ne réside pas dans la transcription de la réalité – de toute façon un leurre – mais dans l’utilisation d’un thème comme sujet graphique afin de créer une image forte, poétique, chargée d’émotion. Conjuguant le regard du photographe à celui du sculpteur (qu’il est également) il a l’art d’équilibrer les lignes de force, les volumes, de capter le modelé, le grain de la matière. Comme dans ces troncs aux formes anthropomorphes dont il exalte la monumentalité, la verticalité, la proximité aussi, tout en suscitant par un subtil jeu de lumière une sorte de vertige ascensionnel. Ou dans ce sous-bois aux allures de cathédrale, où la lumière se fait crépusculaire, vaguement inquiétante. Ou encore dans cette forêt barrée d’un fût sentinelle, dont l’arrière-plan se dissout dans les vapeurs de miel et de sanguine que lui confèrent les virages aux sels d’or.
Etudes de photographie et sculpture à l’Académie des Arts de San Francisco. Expositions en Allemagne, Suisse, USA, et pour la première fois en France. Œuvres dans des musées, institutions et collections privées