Le travail photographique de Thomas Kneubühler interroge la relation entre la technologie et la société. Dans sa nouvelle série intitulée Office 2003, en référence aux édifices à bureaux mais également au programme informatique, le regard de l’artiste s’infiltre dans des lieux ultra-protégés et inaccessibles au public. Il repère des architectures aux espaces fabriqués, génériques qui s’apparentent à des espaces virtuels où tout serait artificiellement remodelé et notre façon d’expérimenter ces espaces, soit par la distance, la profondeur, la hauteur, transformée. L’artiste s’attarde à capter la nuit et selon différents points de vue des édifices désertés pour ainsi en révéler les secrets. Ici chaque fenêtre, chaque détail devient une image en soi, divulguant une histoire enfermée dans une convention architecturale. Ces images de volumes accompagnés d’effets de profondeur et de multiples reflets modifient notre perception habituelle de la ville et, en nous mettant à distance de celle-ci, nous transforment en voyeurs.