En 2001, Barbara Davatz a fait le protrait de 12 familles de la région de l’Oberland zurichois ; 93 femmes, hommes, jeunes et enfants sont représentés sur 77 photographies couleur de 35 x 50 cm, et rangés par familles de 2 à 13 images.
« Gsüün » désigne selon le « Schweizerischem Idiotikon » (dictionnaire des dialectes) un type précis de peuple ou de famille,
mais signifie également face, visage, ou expression du visage. Ce mot s’entend encore de temps en temps.
Un travail de recherche visuelle a été réalisé, qui traite de similitudes familiales, de parentés, de la transmission de caractéristiques physionomiques et de particularités physiques à l’intérieur d’un arbre généalogique. Une autre thématique, qui ne saute peut-être pas immédiatement aux yeux, sous-tend ce travail plus en profondeur : le passage des générations, le cours de la vie.
Les personnes ont été photographiées de manière strictement frontale, devant un fond gris clair, en studio, « extraites »
de leur environnement, afin que plus rien ne distraie de la silhouette et de ses significations. Les figures apparaissent ainsi en toute clarté et netteté. La réalité objectivement représentée peut ainsi exercer intensément sa pleine fascination : la sobriété de la prise
de vue permet aux personnes de se « représenter » elles-mêmes.
Cette présentation centrée sur l’essentiel permet l’« étude morphologique » d’une collection scientifique unitaire, l’observation curieuse et précise des silhouettes avec leurs références.