Les photographies et installations photographiques d’Alexander Odermatt sont généralement précédées par de longues phases de recherches. Ainsi pour son travail «Oder/Neisse» qui est une série de photographies sur la région des « frontières-fleuves » Oder (Allemagne – Pologne) et Neisse (Allemagne – Tchéquie), Odermatt a enquêté dans des archives, auprès des garde-frontières allemands, d’habitants des villes frontalières et dans différents centres de refoulement avant de réaliser la série de six photographies et une carte qui indique les endroits où les images ont été prises.
Peu importe s’il s’agit de paysage de zones de passage clandestin, de tables de nuit ou de corridors dans des centres de refoulement, les images d’Alexander Odermatt montrent toujours une absence. Les sujets concernés, les migrants clandestins, les habitants des régions frontalières ou encore les gardes-frontières ne figurent jamais sur les photographies, l’absence est ici synonyme d’effacement d’identité ou d’histoire.